Mardi 15 Juillet : Les sacs étant prêts depuis la veille, nous déjeunons rapidement et direction l’agence pour 9h. Nous y retrouvons un Anglais de Birmingham, Tom, et un couple d’Autrichiens, Tina et Chris (Innsbruck). Nous partons nous équiper à l’entrepôt (piolets, cramons, polaires, etc.), puis nous nous séparons dans deux voitures pour rallier le campement de base. Arrivés sur place vers 13h après avoir acheté bois et kérosène, nous mangeons tous ensemble à 4750m. Au milieu d’un décor splendide, nous nous harnachons, traversons le barrage à pied et commençons l’ascension pour le Glaciar Viejo (4880m) afin d’effectuer l’entraînement. Celui-ci consistait en de l’escalade de glace ascendante, descendantes, des traversées de parois latérales en enfin du rappel. À noter, Milou s’est débrouillée comme un petit chef !! Nous sommes ensuite rentrés dîner, petit feu dans la cheminée et gros dodo.
Mercredi 16 Juillet : Après un copieux petit déj Milou prend sa décision, plus que raisonnable, de ne pas tenter le diable avec sa maladie récente et son bras encore fragile. Nous serons donc seulement 4 à tenter l’ascension du sommet de 6088m !!! La matinée est donc consacrée aux derniers préparatifs. Après manger, al petite troupe prend le départ, précédée par Lorenzo, le guide local. L’objectif est de rallier le camp intermédiaire à 5300m pour y passer la « nuit ». Nous monterons en 2h40, par des chemins sinueux, très étroits et parfois des pentes de degrés supérieurs à 45. Nous avons donc souffert, mais les paysages présageaient déjà de belles choses. Il faut préciser que nous sommes beaucoup plus haut que l’autre refuge utilisé par les autres agences (5130m) ce qui a ses avantages, pour l’ascension du lendemain par exemple, mais également ses inconvénients car passer la nuit plus haut n’est pas forcément très agréable, comme nous l’avons expérimenté ! Nous goûtons donc très tôt, puis enchainons directement sur le repas à 17h. A 17h30, tout le monde est dans les duvets pour récupérer et essayer de dormir.
Jeudi 17 Juillet : La nuit pour moi a été horrible, maux de tête insoutenables dus à l’altitude et au kérosène utilisé pour faire la cuisine, quelques nausées également, le moral n’est vraiment pas bon quand on se lève en retard vers 1h30 du matin. 788 mètres d’ascension supplémentaires semblent relativement difficiles à effectuer si je ne supporte pas une altitude de 5300m. Mais les autres, mis à part Tina, ne sont pas terribles non plus, ce qui me rassure. On s’harnache donc solidement car cela souffle dehors. Il doit faire dans les -20ºC lorsque nous nous encordons Chris et moi avec le guide et que nous commençons à très exactement 2h37. Les groupes de grimpe n’ont pas été choisi en fonction des affinités (puisque le couple est séparé), mais en fonction du rythme et je peux vous dire que le notre a été soutenu. Tina, Tom et leur guide Mario nous suivent bien alors que nous dépassons déjà plusieurs groupes. Mais lorsque nous arrivons sur une paroi gelée de 200m de long et sur plus de 100m de dénivelé, ils décrochent rapidement et nous les verrons plus de l’ascension. Lorenzo, le guide local, est décidé contre notre gré à établir un nouveau record, nous dépassons tous les groupes et faisons très peu de pauses malgré nos supplications. Il trouve que nous allons lentement et veut atteindre le sommet avant le lever du soleil. Et nous y arriverons en gravissant les derniers mètres à très exactement 6h22 et après avoir franchi un dernier zigzag interminable. 3h45 de montée alors que la moyenne est de 5h et que les groupes les plus rapides le font en 4h. Nous sommes épuisés, mais le jeu en valait la chandelle, Chris et moi nous étreignons, fiers et émus de notre victoire, cette fois, face à la montagne bolivienne. La vue à 360º est superbe, d’un côté el Alto illuminé (ville haute de La Paz), d’un autre, l‘Illimani, fameux sommet de près de 6500m, puis le lac Titicaca, le plus haut du monde et enfin la majestueuse cordillère royale. Dix minutes plus tard, le soleil se lève, nous étions justes et face à ce paysage inoubliable, nous comprenons l’insistance de Lorenzo.
Le sommet est très étroit, les parois sont abruptes de chaque côté et nous sommes encordés les uns aux autres ainsi qu’à des piolets solidement enfoncés dans la glace. Nous attendons ainsi Tina et Tom qui arrivent également en haut, 45 minutes plus tard. Tout le monde a réussi dans notre groupe, c’est un exploit sportif et nous sommes fiers très fiers, mais exténués. Tina craque nerveusement, c’est certainement elle qui a livré le plus gros combat avec elle-même, chapeau bas !! Une heure après notre arrivée au sommet, nous commençons la descente pour le camp intermédiaire : 1h25, là, même le guide est impressionné. Reposette en attendant Tom et Tina, puis nous refaisons nos sacs avec le matériel laissé en plan pour être légers lors de l’ascension. Nous repartons alors vers le camp de base, descente usante pour les genoux, surtout avec 18kg sur le dos ! 1h30 plus tard nous rejoignons le campement et retrouvons Milou, inquiète, qui n’a cessé de fixer des ses yeux la montagne. Soulagement mutuel, repas enfin, et départ pour la Paz. Nous nous donnons rendez-vous avec le groupe pour le lendemain et allons nous coucher chacun de notre côté. Voilà l’ascension du Huayna Potosi, l’aventure continue et les treks aussi, et même plus vite que prévu...
A suivre, On vous embrasse tous fort... Polo et Milou
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